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07.06.2008
J'ai reçu ce mail : qu'en pensez vous ?
Préavis de grève national le lundi 16 Juin 2008.
Il n'y a qu'une façon de faire pression : la MOBILISATION de tous les automobilistes Français qu'y on vu leur 'budget' gasoil - essence être multiplié par 2 ou 3 en 6 mois !
Comme à chaque révolution, ce qui fait notre force c'est notre nombre.
Nous allons bloquer la France entière et prendre le gouvernement en otage !!
Qui : Tous les automobilistes FRANCAIS.
Quoi : Blocage des routes, autoroutes, chemin de fer...
Comment: Des centaines de voiture à l'arrêt sur toutes les routes de France devrait marcher aussi bien que des camions, des tracteurs ou des bateaux.
Pourquoi : Le gasoil à 1€.
Grâce à internet, ce mail peut faire le tour de France en quelques minutes,alors au boulot les 'Vache à lait', faite marcher le 'Transférer ce mail'
Bonne chance à tous.
Didier
Montebourg à Parlons Net : pas convaicu moi !
Message de Ségolène ROYAL
La victoire de Barack Obama
Je suis très heureuse du beau succès de Barak Obama à l'issue des élections primaires démocrates aux Etats-Unis et je tiens à lui adresser mes félicitations les plus chaleureuses. Dès le départ, avant même qu’il ne devienne favori, j’avais soutenu sa candidature Il a fait preuve de courage, de sincérité et d’honnêteté.Pour la gauche américaine, c'est un choix historique que de s’être trouvé un porteur d'espoir. Il a prouvé, durant des Primaires âprement disputées, qu'il incarnait pour son pays un formidable désir de changement et d'avenir. Barack Obama représente l’Amérique d’aujourd’hui et de demain, l’Amérique métissée. Les jeunes, de toutes origines, se sont mobilisés massivement en sa faveur. Quel plus beau symbole de l’espérance que peut représenter un politique de son rang ?
Aux États-Unis, le 4 février dernier, je me suis mêlée à la foule d'un de ses meetings à Boston et j'ai vu la ferveur que suscitait son message auprès d'Américains de tous âges et de toutes origines, fraternellement unis.
De tous les procès instruits contre lui, Barak Obama a su faire une force sans jamais se laisser aller à répondre aux coups bas. Sa campagne populaire et citoyenne, son envie de rassembler, sa capacité à faire bouger les lignes sans sectarisme, sa fermeté sur des valeurs fondamentales ont réconcilié avec la politique beaucoup de ceux qui s'en étaient détournés, à commencer par les plus jeunes.
A l'inverse de tant de responsables politiques qui se disent expérimentés, il a euun jugement lucide sur l'intervention américaine en Irak, et c'est, pour en finir avec les errements des années Bush, un atout de poids.
Je lui souhaite aujourd'hui de trouver, pour l'épauler dans la campagne qui s'ouvre, un Parti soudé à ses côtés. C'est une des conditions de la victoire.
Les 35 heures
J'estime que la droite a trahi la parole donnée aux partenaires sociaux, qui avaient signé un compromis historique. Pour se réformer de façon juste et durable, la France a besoin du dialogue social entre organisations représentatives, c'est-à-dire d'une vraie démocratie sociale. Aujourd’hui plus que jamais. Et c’est cette condition que le gouvernement vient de mettre à mal.
Le 10 avril dernier, la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME ont conclu un accord inédit sur les nouvelles règles du dialogue social en France. Pour démocratiser le dialogue social, les partenaires sociaux estiment que tout accord devrait être désormais signé par des syndicats représentants une majorité des salariés concernés. Symbole de ce compromis historique, la CGT et la CFDT avaient même accepté qu'un accord majoritaire assouplisse, à titre expérimental, les règles relatives aux contingents d'heures supplémentaires.
C'est cette avancée fondamentale de la démocratie sociale que la droite a piétiné en permettant à des organisations minoritaires d'assouplir les contingents d'heures supplémentaires fixés par la loi. Un sacrifice de l’intérêt général pour donner des gages à une droite aux abois. Au final, un formidable gâchis.
L’éducation et les annonces de Nicolas Sarkozy
Dans l'éducation, les coup durs sont déjà donnés. 11 000 postes supprimés en 2007/2008, 20 000 suppressions prévues pour l'année prochaine. La vraie « réforme » de l'éducation de Nicolas Sarkozy est à observer de ce côté-là, beaucoup plus que dans ses dernières annonces.
Les intentions et les promesses de réforme sont souvent floues et n'engagent que ceux qui y croient encore. « Imaginer un lycée beaucoup plus souple. » Pourquoi pas ? Mais qui peut nous dire comment le gouvernement va traduire ce vœu pieu en actes concrets ?
Sur la formation des enseignants, les annonces ont, pour une fois, été précises. Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont voulu supprimer les IUFM sans le dire explicitement, pour faire des économies. La formation des enseignants se ferait donc à l'université, tout simplement. Sans aucun enseignement qualifiant. L'inquiétude des professeurs et de ceux qui souhaitent le devenir est légitime.
Je continue de prétendre qu’une autre politique éducative est possible.
Les émeutes de la faim
La crise alimentaire dans le monde est sans précédent. Elle touche des centaines de millions personnes dans les pays les plus pauvres de la planète.
Les causes sont bien connues : hausse de la demande des grands pays émergents, développement de l'élevage au détriment des cultures, hausse du prix de l'énergie, accidents climatiques...
Les propositions de Nicolas Sarkozy ne sont pas à la hauteur du drame actuel et de la capacité d'initiative de la France : une meilleure coordination des organisations internationales, même si elle est indispensable, est nettement insuffisante.
Je rappelle que l'aide publique au développement a diminué depuis un an, repassant en dessous du seuil de 0, 5 % de la richesse nationale, cela sous les coups de butoir d’une politique étrangère incohérente et au mépris des engagements pris par la France il y a quelques années.
Il nous faut commencer par respecter nos engagements internationaux pour l'aide publique au développement, sous forme de subventions « cash » et non pas de simples annulations de dette.
Je propose aussi qu'on étudie un mécanisme de stabilisation des prix agricoles dans les pays pauvres, sous la responsabilité de la Banque mondiale. La crise actuelle nous montre que nous ne pourrons nous passer plus longtemps d'une politique agricole mondiale.
Ségolène Royal
Hollande démasqué
Surtout, ne pas bouger !
Surtout, ne pas bouger. Alors que la confrontation attendue entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal a démarré très tôt, et très fort, les barons du PS, grands élus et responsables des fédérations de poids, rivalisent d’ardeur pour ne pas prendre parti. Des points cardinaux du PS, à cinq mois du congrès, monte le même refrain : «On attend les textes des uns et des autres» , dit Eugène Caselli, patron de la fédération des Bouches-du-Rhône. «Laissons-nous le temps de la respiration», ajoute Serge Janquin, son homologue du Pas-de-Calais. «On a tout l’été pour discuter» , renchérit Gérard Collomb, maire de Lyon.
Loin de la dynamique de la primaire, qui avait vu les fédérations tomber une à une, comme aux dominos, dans l’escarcelle de Ségolène Royal, la tendance est plutôt au poker. Et en cette période de bluff, les caciques, circonspects, attendent d’y voir plus clair dans le jeu. «C’est la conséquence de la dépolitisation et de la féodalisation du parti, résume un parlementaire. Pour les barons, le congrès est synonyme d’emmerdes. Ce qu’ils veulent, c’est se retrouver tranquilles, dans le cocon majoritaire, à l’abri des débats. Et leur problème, aujourd’hui, c’est qu’ils ne savent pas qui va gagner…»
A cette stratégie de temporisation, on compte bien quelques notables exceptions : celle du premier secrétaire de la fédération de Paris, Patrick Bloche, qui a signé le texte de Bertrand Delanoë. Mais il n’exerce pas, loin de là, un contrôle absolu sur les socialistes de la capitale. Les fédérations du Nord et du Pas-de-Calais sont sur une tout autre ligne : dans leur contribution, ces deux bastions «refusent catégoriquement de rentrer dans le jeu de la présidentialisation interne» entre le maire de Paris et la présidente de la région Poitou-Charentes. Mais c’est pour se positionner clairement derrière Martine Aubry. «Sa méthode est bonne» , affirme Serge Janquin, qui s’affirme, ces temps-ci, «très sollicité, très courtisé». L’homme fort du Pas-de-Calais, qui dînait hier soir avec la maire de Lille, l’assure : «Martine est capable d’apporter des propositions intéressantes. Il y a une espérance de ce côté.» Son homologue du Nord, Gilles Pargneaux, abonde : «Que la fédé du Nord soit avec Martine Aubry et Martine Aubry avec la fédé du Nord ne doit pas étonner. Il serait absurde qu’on ne soit pas ensemble sur une contribution.»
«Reconstructeurs». Nombre d’autres grands élus sont d’accord pour s’éviter le match Delanoë-Royal. Mais pas sur les moyens d’y parvenir. C’est le cas de Gérard Collomb, maire de Lyon, Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, et de Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux, qui planchent sur une contribution commune, «la ligne claire», destinée à extraire le PS du choc des présidentiables. Et qui viennent d’être rejoints par le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, et Michel Delebarre, député et maire de Dunkerque. Mais Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, opportunément réapparus mardi au bureau national, où ils s’étaient faits plutôt rares ces derniers temps, se méfient de l’opération «reconstructeurs», mêlant partisans de DSK, Montebourg, Fabius et Aubry. Et donc de cette dernière, bien partie pour en prendre la tête.
«Pas sûr que pour les futures élections Martine Aubry puisse incarner la ligne réformiste que nous défendons dans nos villes. On risque de voir ressortir quelques souvenirs du passé, qui nous ont plutôt mis sur la défensive au cours des dernières présidentielles», estime le maire de Lyon dans une aimable référence aux 35 heures. Jean-Noël Guérini, qui a rencontré Delanoë le mois dernier et fera de même avec Royal la semaine prochaine, confirme ces réserves : «J’ai le plus profond respect pour Ségolène et Bertrand. Pour Martine aussi. Mais je ne prendrai aucune option au niveau des personnalités.» D’autant que, «sur le fond, il n’y aucune différence entre Delanoë et Ségolène, estime Robert Navarro, premier fédéral de l’Hérault. On va donc faire en sorte que chacun renonce à déposer sa motion pour aboutir à une motion commune.»
Glaciation. Une hypothèse de synthèse qui ne dérangerait pas un François Hollande en partance, mais pas vraiment désireux de voir l’un des présidentiables s’installer dans son fauteuil. Avec, en attendant, un processus de glaciation destiné à geler les marges de progression des protagonistes. Jusqu’à quand ? «Après l’université d’été de La Rochelle [fin août, ndlr], assure Robert Navarro. Pas avant.» De l’urgence absolue d’attendre…
Libération
06.06.2008
Les pétroliers font des bénéfices records sur le gazole, selon Que Choisir
L’UFC-Que Choisir a dénoncé ce jeudi la «croissance phénoménale» des marges de raffinage réalisées par les compagnies pétrolières sur le gazole, dont les prix volent de record en record, se rapprochant de ceux de l’essence.
La marge de raffinage représente la différence entre le cours du pétrole brut et le coût final des carburants, une fois raffinés.
Selon les calculs de l’UFC, cette marge, sur un litre de gazole (ou diesel), a atteint 15,7 centimes en mai, contre 6,4 centimes en janvier 2008 et seulement 2,5 centimes en 1998.
Elle «a donc été multipliée par 2,4 en 4 mois et par plus de 6 en dix ans!», relève l’association, qui souligne qu’à «l’inverse, la marge de raffinage sur l’essence reste dans ses niveaux usuels de 2 à 4 centimes au litre».
«A elle seule, l’augmentation de la marge de raffinage explique près de la moitié (47%) de l’augmentation du prix du diesel depuis le mois de janvier», selon l’UFC.
Dans la mesure où «les coûts du raffinage n’ont pas augmenté de cette manière», les profits «ont augmenté de manière importante», a expliqué à l’AFP le directeur adjoint des études de l’association, François Carlier.
«Pour l’UFC-Que Choisir, les compagnies pétrolières portent une lourde responsabilité dans l’augmentation du prix du diesel».
«En n’investissant pas dans le raffinage, elles ont créé un mécanisme de rationnement (…) qui fait flamber le prix», ajoute-t-elle, réclamant «une relance, s’il le faut contraignante, des investissements dans le raffinage».
Le litre de gazole, carburant le plus consommé en France et dont la flambée des prix provoque la colère de plusieurs professions, s’est vendu la semaine dernière 1,4541 euro en moyenne, un record. L’écart entre les prix du gazole et de l’essence s’est encore resserré à 2,14 centimes, contre près de 3 centimes précédemment.
Libération
De : Sylvain Rakotoarison
Le large échec présidentiel de Ségolène Royal du 6 mai 2007 a plongé le Parti socialiste une nouvelle fois dans un vide de leadership étonnant pour un parti de gouvernement. Un congrès tentera de répondre à cet enjeu historique.
Le futur congrès du PS qui se déroulera à Reims du 14 au 16 novembre 2008 aura pour but de choisir un nouveau premier secrétaire. L'actuel, François Hollande, en place depuis 1997, soit plus d'une décennie, ce qui est le record de longévité à ce poste depuis la création du PS (voir en fin d'article), a annoncé en 2007 qu'il quitterait ses fonctions après les municipales de 2008 et a tout fait pour retarder le congrès à l'automne.
Un parti de comités Théodule
Diriger le Parti socialiste est un épouvantable travail, car il est composé de nombreux courants idéologiquement très antagonistes (comme a pu le montrer la campagne référendaire de 2005) mais aussi de nombreuses écuries ou sous-écuries présidentielles.
Un parti prétendument laïque qui regorgerait de mille et une chapelles, comme c'est étrange !
Car le PS compte en effet des myriades de chapelles dont wikipédia cite la principales : 17-Novembre, Réformisme et rénovation, Gauche socialiste, Nouvelle voix, Réformer, Socialisme et démocratie, Utopia, Nouveau parti socialiste, Nouvelle gauche, Alternative socialiste, Renouveau socialiste européen, Agir pour l'égalité, Sauvons le parti socialiste, Trait d'union, Ambition socialiste, Pour rassembler la gauche (issu de feu Jean Poperen), Rénover maintenant, Forces militantes, Démocratie et socialisme (chapelle différente de Socialisme et démocratie)...
Une étape dans la préservation de l'unité du PS a été franchie avec l'adoption du projet de nouvelle déclaration de principes, une sorte de charte des valeurs qui ne tranche sur aucun enjeu important et qui reste résolument tournée vers le passé et la tradition historique du socialisme français.
Le rôle du futur premier secrétaire : coach ou leader ?
La première question qui revient sans cesse est : le future premier secrétaire du PS sera-t-il obligatoirement le prochain candidat socialiste en 2012 contre probablement de nouveau Nicolas Sarkozy et François Bayrou ?
De la réponse à la première question déterminera le choix de la personnalité qui dirigera le PS. La plupart des éléphants et des sous-éléphants du PS répondent généralement non, ce qui leur permettrait de gagner du temps (une course de lenteur qui a déjà montré ses preuves en 2007).
Ségolène Royal se met à nu
Forte de ses 16 790 440 voix obtenues le 6 mai 2007 (un record pour un candidat socialiste, François Mitterrand n'avait fait que 16 704 279 voix le 8 mai 1988, mais très insuffisant pour gagner), Ségolène Royal a annoncé le 16 mai 2008 sa candidature au poste de premier secrétaire du PS et sa prochaine candidature à l'élection présidentielle de 2012.
En ce sens, elle a eu raison. Elle a pris ainsi tous les éléphants de vitesse, et plus particulièrement Bertrand Delanoë, qui a le vent en poupe au sein des militants socialistes, lui qui sort justement un bouquin ce 22 mai 2008 et réunira ses laudateurs le 24 mai 2008. De plus, elle se prévaut du soutien de 25 fédérations départementales.
Elle a eu raison car en annonçant ses nouvelles ambitions, elle est cohérente avec la logique de transparence. Elle imite en cela Nicolas Sarkozy qui a fait de même en 2004. Enfin, elle a raison de son point de vue car l'incapacité à obtenir l'engagement massif de l'appareil du PS (portant dirigé par son ex-compagnon) derrière elle l'avait beaucoup handicapée en 2007.
Un avenir très incertain...
Beaucoup de ses proches l'avaient toutefois dissuadée d'aller trop vite, craignant un échec qui stopperait définitivement sa lancée pour 2012.
Car selon toute vraisemblance, l'hypothèse Bertrand Delanoë (qui n'a encore pas confirmé sa candidature) a le vent en poupe et son but serait justement de faire barrage à Ségolène Royal à la tête du PS, quitte à choisir quelqu'un d'autre pour la candidature de 2012 (selon certains de ses soutiens, Bertrand Delanoë, bien trop maire de Paris, n'aurait qu'une faible légitimité et crédibilité nationales pour prétendre participer à l'élection présidentielle).
Les autres hypothèses, c'est de faire comme Lionel Jospin en 1997 : mettre à la tête du PS un ‘petit jeune' pour éviter de voir un rival l'enquiquiner. Au départ, il avait songé à son ami Daniel Vaillant, mais comme ce dernier tenait beaucoup à être ministre, il l'a donc remplacé par François Hollande.
Les réactions à la sortie du bois de Ségolène Royal (qui, pourtant, l'avant-veille, le 14 au 2008, expliquait : « Je ne dirai pas que je suis candidate au poste de premier secrétaire. Ce serait me ramener dans le chaudron des candidats. ») ont été très négatives.
Quelques exemples :
Jean-Christophe Cambadélis : « On est en train de transformer le Parti socialiste en une pétaudière. »
François Lamy (proche de Martine Aubry) : « Tout ceci me semble un peu désordonné, un peu incohérent. »
Jack Lang : « On aimerait que l'heure soit davantage à l'effervescence intellectuelle et à l'imagination collective plutôt qu'à l'affrontement des ego. »
Ou encore Pierre Moscovici qui considère que le PS « ne doit pas désigner son candidat à la présidentielle ou le pré-désigner dès 2008 ».
Alors, reprenons un peu les choses.
Qui sont les éléphants encore en course ?
Ségolène Royal, bien sûr, Bertrand Delanoë, mais aussi Martine Aubry, redevenue populaire avec sa belle victoire à Lille en mars 2008, Laurent Fabius qui y pense depuis 1984, François Hollande qui se voyait déjà Premier Ministre en juin 2002, et Dominique Strauss-Kahn.
Bien que directeur général du FMI jusqu'en 2012 et donc, très éloigné des aléas de la vie politique française, ce dernier a réaffirmé ce 18 mai 2008 ses ambitions à tout hasard. Notons que son prédécesseur au FMI (du 1er mai 2000 au 4 mars 2004), Horst Köhler, devenait le 1er juillet 2004 le Président de la République fédérale d'Allemagne.
Jack Lang (soumis à la tentation sarkozyenne) et Henri Emmanuelli ne semblent plus envisager de concourir.
Qui sont les éléphanteaux qui souhaiteraient entrer dans le panier de crabes ?
On les dit jeunes, mais généralement, ils sont proches de la cinquantaine (voire plus) et ont déjà une bonne vingtaine d'années d'activités politiques derrière eux... ce qui est ‘neuf' par rapport aux éléphants, bien sûr. Et aucune femme à l'horizon.
Le premier à avoir montré ses crocs est le député-maire d'Évry Manuel Valls, jospiniste, qui, dès le 6 mai 2007, a estimé qu'il fallait changer de direction au PS. Considéré comme un socialiste de droite car ayant fait de la sécurité dans sa ville une priorité, Manuels Valls paraissait une bien rare voix dans l'opposition au début du mandat de Nicolas Sarkozy.
Un autre qui roule pour lui et qui s'est émancipé de Ségolène Royal, Julien Dray, connaît très bien l'appareil et n'hésite plus à montrer ses ambitions.
Beaucoup d'autres seconds couteaux sont envisageables, mais surtout pour tenir la place chaude à leur mentor (ou pas) : Pierre Moscovici, Jean-Marie Le Guen ou Jean-Christophe Cambadélis pour Dominique Strauss-Kahn, Claude Bartolone pour Laurent Fabius, Benoît Hamon ou Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon...
Un jeu triangulaire
Pourtant, le paysage se clarifie petit à petit : « les scenarii à 22 bandes se réduisent. ».
Trois pôles se dessineraient dans la préparation du congrès : celui mené par Ségolène Royal, celui autour de Bertrand Delanoë et enfin, tous ceux qui commencent à s'inquiéter que le débat soit uniquement focalisé sur la rivalité tant médiatisée entre les deux premiers.
Des personnes comme Benoît Hamon craignent en effet le pire de la rivalité Royal-Delanoë : « Deux trains sont lancés à pleine vitesse, deux écuries veulent prendre le PS. Il y a un vrai risque qu'il n'y ait pas de différence de ligne. » craignant un « congrès de déchirure ».
Les strauss-kahniens ont décidé de sortir de cette logique le 18 mai 2008 en faisant préparer par Pierre Moscovici une motion à laquelle seront associés les proches d'Arnaud Montebourg et ceux de Martine Aubry. L'ex-rocardien Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Île-de-France, explique ainsi : « On y va. On se compte avec Aubry et Montebourg et on n'exclut pas de contacter Fabius. ». Ils vaudraient à la bourse socialiste environ 30%, de quoi être incontournables.
Le scénario probable
Il y aura sans doute trois principaux candidats pour le poste de premier secrétaire du PS.
Bertrand Delanoë, le favori, qui aurait tort de ne pas en profiter, Ségolène Royal dont la popularité fluctue mais qui a déjà fait ses preuves (Lionel Jospin a fait nettement moins bien qu'elle à l'élection présidentielle) et sans doute Martine Aubry qui préfigurerait la candidature de Dominique Strauss-Kahn à l'élection présidentielle.
Dans la dernière hypothèse (Martine Aubry première secrétaire et Dominique Strauss-Kahn candidat), ce serait la victoire des héritiers de Lionel Jospin face entre autres à l'ami fidèle de Lionel Jospin. En quelques sortes, le jospinisme resterait la valeur la plus sûre du TSS : ‘tout sauf Ségolène'.
Dans tout cela, que deviendront François Hollande, Laurent Fabius voire Jean-Luc Mélenchon ?
Là, franchement, je donne ma langue au chat.
L'élection du premier secrétaire du PS est prévue le 20 novembre 2008.
Rendez-vous dans six mois.
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (22 mai 2008)
Pour aller plus loin :
Les réformes en cours du fonctionnement interne du PS (10 mai 2008).
Calendrier du congrès ordinaire du PS à Reims (21 mai 2008).
Succession des secrétaires généraux de la SFIO
depuis la création de la SFIO :
1905 : Louis Dubreuilh.
1918 : Ludovic-Oscar Frossard.
1920 : Paul Faure (jusqu'en 1940).
1943 : Daniel Mayer.
1946 : Guy Mollet (jusqu'en 1969).
Succession des premiers secrétaires du PS
depuis la création du PS :
1969 : Alain Savary.
1971 : François Mitterrand.
1981 : Lionel Jospin.
1988 : Pierre Mauroy.
1992 : Laurent Fabius.
1993 : Michel Rocard.
1994 : Henri Emmanuelli.
1995 : Lionel Jospin.
1997 : François Hollande.
2008 : XY
Le Post
05.06.2008
Une démocratie asphyxiée
Une démocratie asphyxiée
C’est un bilan sans complaisance des premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy que dresse dans ce livre la Ligue des droits de l’Homme. Une présidence marquée par la rupture revendiquée : nouvelles orientations politiques, bouleversement de la manière d’exercer le pouvoir, mais surtout rupture avec les droits de l’Homme, malgré l’utilisation purement marketing qui en est faite par le nouveau pouvoir.
La LDH alerte en premier lieu sur l’« asphyxie de la démocratie » que provoque le présidentialisme de N. Sarkozy, auquel ne résiste aucune institution : ni le gouvernement ni le Parlement ni le pouvoir judiciaire. Elle met ensuite en garde contre le « tout sécuritaire », servi par une escalade législative, et contre la société du contrôle et de la surveillance qui tend à s’imposer, notamment à travers la multiplication et le croisement des fichiers sur les personnes. De même, ne peut-on que s’alarmer d’un pouvoir prétendant définir l’identité nationale, sélectionner les immigrés (quitte à les soumettre à des tests ADN) et traquer les sans-papiers
jusqu’à déclencher les pires drames humains.
La ségrégation s’exerce aussi sur le plan social, puisque la réforme des contrats de travail, l’émiettement des 35 heures dessinent le clivage entre une « France du mérite » et une autre « de la glandouille ». Enfin, l’exercice d’une diplomatie désinhibée (Libye, Chine, Russie…) accorde la prééminence à la valeur « contrat » au détriment des droits de l’Homme, alors que la toute nouvelle secrétaire d’État aux droits de l’Homme est condamnée à jouer les utilités.
La fragmentation sociale que la politique du nouveau pouvoir porte en germe lance le défi de la construction de nouvelles solidarités.
envoyé par Francine Babot
03.06.2008
Message de Ségolène ROYAL
Ce que j’ai toujours dit sur la question du libéralisme et ce que je redis
Pour répondre à ceux qui déforment mes propos, voici d’abord les citations complètes de ce qu’ai dit et écrit sur le sujet :
CITATIONS
1) « Dimanche + », le 25 mai 2008
«(…) Il faut rassembler les socialistes sur les valeurs qui sont les nôtres et en l’occurrence, je crois qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redéfinir le contenu du mot socialisme, c'est-à-dire pour l’adapter aux défis du temps présent qui n’existaient pas au XIXe siècle. Les déplacements massifs de population, le réchauffement planétaire, les grandes pandémies, les masses financières qui se déplacent à l’échelle planétaire à la recherche de placements spéculatifs, la crise alimentaire qui est due à la spéculation sur les denrées alimentaires.
Donc ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est comment, avec de nouvelles règles et de nouveaux principes, on garantit à chacun l’accès au bien public collectif, c'est-à-dire manger, se loger, s’éduquer, se soigner et travailler ou être utile aux autres. Donc dès lors que l’on pourra garantir à chacun, d’abord en France mais aussi à l’échelle planétaire, ces fondements même de la dignité humaine, alors le socialisme aura réalisé un idéal (... ). »
« (…) Ce que je pense, simplement, c’est qu’il y a déjà beaucoup à faire pour redonner de la modernité, un nouveau souffle au socialisme. Le mot libéralisme est le mot de nos adversaires politiques et je crois que le socialisme a déjà intégré tout l’héritage des droits et des libertés individuelles. Les socialistes et la gauche sont issus de la déclaration de 1789, de la Convention européenne de droits de l’Homme, du combat de JAURES pour DREYFUS, du combat de François MITTERRAND et de BADINTER contre la peine de mort, donc les droits et les libertés individuelles font partie de notre patrimoine commun. C’est très important, faut-il aller donc jusqu’à réhabiliter ce mot de libéralisme ? Non ! (…) »
« (…) Le mot libéralisme a des connotations positives dans certains autres pays, par rapport aux Etats-Unis. En France, non. Il est tellement chargé et tellement synonyme aujourd’hui de capitalisme débridé et de dégâts et d’écrasement des bas salaires, d’insécurité, de creusement des inégalités et donc de violence, qu’il fournit de la violence (…). »
(…) Ce qu’a dit Jaurès sur la question est très important parce que c’est très moderne. Ça reste très moderne, parce qu’il avait déjà intégré cet héritage-là, des droits et des libertés individuelles, au socialisme… mais agrandi à la dimension sociale de l’homme. Et aujourd’hui qu’est-ce qu’il nous manque dans le monde dans lequel nous sommes, par rapport à toutes ces souffrances, par rapport à ces 5 euros, qu’est-ce qui nous manque ? Il nous manque du social, et les socialistes ne sont pas pour le social contre l’économique, ils pensent que l’un ne va pas sans l’autre (…). »
2) Le Point du 27 mars 2008
« De quel libéralisme parle-t-on ? Si c’est du libéralisme politique, il est depuis l’origine indissociable du socialisme démocratique. Voyez Jaurès justifiant contre Jules Guesde la défense du capitaine Dreyfus et affirmant que « l’individu est la mesure de toute chose ». La liste serait longue de la contribution des socialistes au renforcement des libertés individuelles et politiques ! »
« Mais si vous appelez libéralisme cette idéologie du laisser-faire, du laisser-aller, alors oui, le socialisme ne mange pas de ce pain-là (…). »
« La bonne question est : que fait-on pour que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée à une société prise en otage par les intérêts particuliers, mais pour qu’ils servent au bien-être de tous ? Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge. On attend de nous une autre façon de produire les richesses et de les distribuer. On me disait par exemple qu’il était impossible de conditionner les aides aux entreprises à l’interdiction de délocaliser ou de licencier en cas de bénéfices ; je l’ai fait en Poitou-Charentes et nous sommes aujourd’hui l’une des régions mieux placées en termes de créations d’entreprises ! »
3) Maintenant, Ségolène Royal répond à Marie-Françoise Colombani, Hachette Littératures, mars 2007
"Nous, socialistes, nous sommes des libéraux au sens politique originel car nous sommes ardemment attachés aux libertés individuelles et démocratiques. (...) Donc, pas question de jeter l'opprobre sur le mot lui-même (…).
(...) Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l'économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l'ennemi de la justice sociale."
COMMENTAIRES
Suite à ce que j’ai dit, voilà ce que je voudrais rajouter :
Sur le « libéralisme »
Une chose est de « ne pas jeter l’opprobre » sur le mot, mot qui a eu un sens face aux despotismes et au totalitarisme, notamment collectiviste, une autre est d’en faire aujourd’hui son étendard et de se l’approprier au point d’affaiblir le socialisme.
Le mot « libéral » a un sens, et ce sens, c’est celui que nos adversaires lui ont donné. Le libéralisme a été préempté par une droite dure et, aujourd’hui, c’est le mot d’un capitalisme inquiétant, même lorsqu’il n’est pas accompagné du terme d’ « ultra ».
Les libertés politiques et les droits de l’homme sont intégrés dans le socialisme démocratique depuis bien longtemps. Il est donc inutile de se dire libéral. C’est une source de confusion et c’est dangereux.
La modernité politique ne passe pas par l’acceptation d’un libéralisme qui, à force de déréglementation, symbolise la perte de repères et l’écrasement de la personne humaine. Elle passe par la définition d’un socialisme du 21ème siècle, qui aille au-delà de simples ajustements à la marge des méfaits du libéralisme.
Notre désaccord avec la droite porte sur la protection des libertés et la définition de nouveaux droits, mais aussi sur la politique économique et sociale (paquet fiscal, franchises médicales, casse de l'éducation nationale, abolition des 35h, retraites…).
Se dire libéral et socialiste, c’est laisser croire que le socialisme ne parle pas de l’individu, de la liberté ou de l’efficacité économique et qu’il a besoin pour cela de l’apport du libéralisme. Or rien n’est plus faux.
Car être socialiste, c’est :
- voir que les services collectifs rendent les individus plus forts et d’une certaine façon plus libres (comment être libre quand on n’arrive pas à se loger, à se nourrir, ou quand on sort du système scolaire sans qualification ?) ;
- mettre les sécurités et la solidarité au service de la libération des énergies et de la prise de risque (comment avoir l’esprit d’entreprise quand on vit dans l’incertitude et la précarité ?);
- faire de la lutte contre les inégalités un moyen pour que chacun contribue à la richesse du pays et à sa compétitivité (comment se priver du dynamisme des jeunes des quartiers populaires ?) ;
Le socialisme n’a pas besoin de se dire libéral. En luttant contre les inégalités, il réalise, lui, la promesse de liberté que ne tient pas le libéralisme. Le socialisme est un dépassement du libéralisme et pas une doctrine d’appoint.
Sur la question du Parti et des alliances
Nous voulons d’abord un parti fort car ouvert sur la société, ferme sur ses convictions et ses valeurs.
Le parti socialiste doit être un centre de gravité pour la gauche. Une fois qu’il aura réaffirmé ses valeurs et défini son projet, tous ceux qui partageront ses ambitions, à gauche comme au centre, pourront nouer des alliances avec lui.
Ségolène Royal










