09.12.2008

Lors du dernier conseil national...

Lors du dernier conseil national, à la Mutualité, l'ambiance était du genre "soviet suprême". Cette fois, le conseil national réuni dans un grand hôtel du XIII ème arrondissement parisien évoquait plutôt l'AG étudiante. Effets de tribune, suspension de séance, demande de vote nominal, manoeuvres procédurières… les nombreux anciens de l'UNEF et du MJS présents parmi les instances dirigeantes du PS (en particulier dans la composition du nouveau secrétariat national) ont du apprécier en connaisseurs.

Le « coup » des pro-Royal - Si les partisans de Ségolène Royal ont – bruyamment - exigé un vote nominal plutôt qu'un vote à main levée sur leurs amendements au texte d'orientation, ce n'est pas seulement pour casser l'ambiance ou gagner du temps. Il s'agissait surtout de faire passer – artificiellement - le score de la majorité en dessous de la barre des 50%. En effet, cette procédure assez rare et généralement réservée aux grandes occasions (la dernière fois qu'elle fut utilisée, c'était en 2005 lors du vote excluant Laurent Fabius de la direction) ne permet qu'aux présent de voter… et aux absents ayant pris soin de laisser une procuration. Or, les animateurs de la motion E avaient préparé des procurations, contrairement à leurs adversaires. Résultat : la feuille de route n'a été finalement adoptée que par 146 voix (les partisans de Mme Royal se sont abstenus) alors que le conseil national compte 306 membres. On sait s'amuser, chez les socialistes…



Les absents - François Hollande était absent lors de ce conseil national. Cela faisait un bail que celui qui fut premier secrétaire pendant onze années n'avait pas manqué un CN. Visiblement, il s'agissait pour l'ex-patron du PS – qui avait préféré rester en Corrèze – de prendre du recul. Autre grande absente, Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charente avait laissé ses chevau-légers diriger la manœuvre.


Ce n'est qu'un au-revoir - Bertrand Delanoë – en col roulé, lui au moins avait délaissé le sempiternel costard-cravate – n'a pas manqué le rendez-vous. Surprise, pourtant : le maire de Paris n'a pas souhaité être reconduit parmi les élus au bureau national. Il a expliqué vouloir prendre un peu de recul mais assuré qu'il n'était pas question pour lui de se ranger des voitures. Le BN, d'ailleurs, ne se réunira plus toutes les semaines mais tous les quinze jours. Il ne faut pas abuser des bonnes choses…

Les revenants - Henri Emmanuelli et Julien Dray, assez discrets pendant la période du congrès ont fait leur grand retour lors de ce conseil national. « J'ai gardé un silence qui ne m'était pas habituel » a constaté le député des Landes à la tribune. Les mauvaises langues assurent que Benoit Hamon lui avait instamment demandé de se faire discret pendant le congrès, histoire de ne pas perturber son « plan com' » de jeune-premier-leader-de-la-gauche-du-parti. Toujours est-il que cela semble lui réussir : « Riton la terreur » était très zen. « Je ne vois ici aucun malfaisant » a-t-il lancé à Vincent Peillon qui, il y a quelques mois, avait dénoncé - sans citer de nom – ceux qui selon lui l'atmosphère du parti.
D'assez mauvaise humeur contre Ségolène Royal et Vincent Peillon au début du congrès, Julien Dray était très en verve, samedi. Il s'est fâché tout rouge pour obtenir une suspension de séance et un vote nominal. Un peu plus tôt, relevant que la « feuille de route » de la majorité s'élève contre « l'unilatéralisme américain et son discours du choc des civilisations » il a rappelé qu'un certain Barack Obama venait d'être élu aux Etats-Unis…

Pas content - François Rebsamen, depuis la fameuse nuit du 21 au 22 novembre qui a vu Martine Aul'emporter d'extrême justesse sur Ségolène Royal, ne décolère pas. Samedi, il a refusé d'abréger son intervention et sèchement lancé à Michel Destot, tout frais élu président du conseil national, qu'il n'avait pas de leçon à recevoir du maire de Grenoble « qui a fait alliance avec le MoDem dés le premier tour et sans avoir rassemblé la gauche ». Fureur de l'intéressé. « Entre Michel Rocard et Gérard Filoche, il y avait une place pour la motion E » a-t-il aussi lancé.

"Bordelisation" - Le 25 novembre, les « royalistes » s'étaient donnés pour consigne de rester impassibles. Cette fois, ce sont les représentants de la nouvelle majorité qui ont pris sur eux. C'est tout juste si quelques proches de Martine Aubry s'offusquaient d'une tentative de « bordelisation ». « C'est juste pour créer une ambiance » ironisait François Lamy, bras droit de la maire de Lille. « Un jour, ils nous accusent d'être des tricheurs, le lendemain ils veulent rassembler. Hier, ils nous disent que la cohabitation leur va bien et aujourd'hui, ils font de l'obstruction » soupirait le strauss-kahnien Christophe Borgel, nouveau secrétaire national chargé des élections et des fédérations

Jean-Michel Normand.

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PARIS, 9 décembre (Xinhua) -- Plus de 70% des Français pensent que Ségolène Royal doit créer un nouveau parti, montrent les résultats d'un nouveau sondage publiés mardi par Le Figaro.

Un total de 15 770 personnes ont participé au sondage réalisé par le journal. Pour répondre à la question "Ségolène Royal doit-elle créer un nouveau parti ?", 71% des interrogés ont dit "oui", en indiquant : "Manifestement, elle semble tellement peu heureuse au Parti socialiste (PS) en ce moment; c'est la seule option qui lui reste" ou bien "Oui, et elle devrait se rapprocher de Bayou et d'autres et créer un parti social-démocrate, comme il y en a dans d'autres pays".

Par contre, il y a encore 29% des sondés qui ont répondu "non" à la question et leurs explications sont : "Il en serait fini du PS et d'une possible opposition forte" ou "Non, car il y a déjà beaucoup de partis à gauche. Disparaître des médias un certain temps lui permettrait de préparer un vrai programme avec une stature plus convaincante".

Ségolène Royal, candidate malheureuse de la dernière élection présidentielle, a échoué dans la récente élection du Parti socialiste face à Martine Aubry, qui sera le Premier secrétaire du PS. Toutefois, Ségolène Royal a d'ores et déjà pris date pour la présidentielle de 2012.

Ecrit par : Isa | 10.12.2008

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